L’île des oubliés – Victoria Hislop

hislop spinalonga

J’ai toujours été très crédule.

Quand j’étais gamine, je me souviens qu’un de mes profs en primaire nous avait parlé de la lèpre. A quel point c’est une maladie horrible et que soit disant on ne pouvait pas guérir.

Je me souviens très très bien qu’il avait dit qu’on ne guérissait pas la lèpre, qu’il avait insisté là dessus.

Et je me souviens lui avoir demandé comment on savait qu’on avait la lèpre.

Il m’avait dit qu’on avait des petites taches roses pales sur la peau, que c’était discret, un peu comme si ta peau se décolorait par endroits.

Le bâtard.

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J’ai passé un nombre d’heures incalculable à me chercher des taches partout sur le corps. Et j’en avais trouvé. Sur mon bras, des petits points plus clairs que ma peau. J’étais persuadée d’avoir la lèpre.

J’en ai parlé à ma mère. Ma mère, ce monstre de tendresse, de tact et de compréhension (un jour je vous raconterai comment elle m’a expliqué que le Père Noël c’était Jouet Club avec un crédit conso Sofinco.), Bref, ma mère à continué à éplucher ses carottes et m’a renvoyé dans ma chambre en me disant : « Arrête de raconter n’importe quoi, t’as pas la lèpre ».

Je ne sais pas au bout de combien de temps j’ai lâché l’affaire en me disant que finalement, ma mère devait avoir raison.

Quoi qu’il en soit, le traumatisme de l’enfance était installé : la lèpre c’est caca boudin.

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Et j’en suis restée là. Pourquoi voudriez-vous que moi, parisienne égoïste et associable je m’intéresse à la lèpre ?

Oui mais voilà. Il y a eu ce livre qu’on a vu partout, que tout le monde a lu. L’Ile des oubliés. Ouais, celui ou j’étais persuadée qu’il parlait d’exil, de gens pépères sans connards autour. Ouais. Ben ce livre là, en fait il parle de la lèpre. Top délire méga groove.

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  • De quoi ça parle ?

Bon je ne pense pas vous avoir gâché le plaisir du livre en vous disant qu’il parle d’une des maladies les plus anciennes et les plus craintes après la peste.

Plus précisément, il parle d’une léproserie et pas n’importe laquelle, celle de Spinalonga, en Crète. Spinalonga c’est une île où on parque les lépreux. Parce que rappelez vous, la lèpre c’est caca boudin. Surtout à l’époque. L’île est située en face du village de Plaka.

De nos jours, Alexis est une jeune femme britannique en quête d’histoire familiale. Sa mère est originaire de Plaka mais ne parle jamais de sa famille. C’est un sujet tabou.

Pourtant, Alexis, en pleine crise existentielle, se dit que tiens, ce serait sympa d’aller faire un tour à Plaka lors de ses prochaines vacances en Crète. Histoire de voir d’où vient maman.

Elle en parle à sa mère, qui contrairement à ce qu’on aurait pu croire, lui écrit une lettre de recommandation pour l’une de ses amies restée sur place.

Alexis se retrouve donc à Plaka, en profite pour visiter l’île des lépreux juste en face, avant de rendre visite à Fotini, l’amie de sa mère. Alexis ne le sait pas encore, mais l’histoire de sa famille est plus qu’étroitement liée à Spinalonga.

  • Ce que j’en ai pensé.

Bon. J’ai acheté le livre, comme souvent, sans lire la quatrième de couverture.

Et comme souvent, j’ai lu la quatrième de couverture avant de monter dans le RER. Soit au moment ou je ne pouvais plus reculer. J’ai lu ces trois petits mots de rien du tout « colonie de lépreux ».

Et là….

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J’ai un peu eu peur quand même. Parce que bon… la lèpre c’est pas spécialement bandant quoi.

Mais rassurez vous, c’est pas un traité de médecine non plus. La lèpre on en parle mais pas au point de vous faire voire des lépreux partout.

Ce livre, c’est avant tout une histoire de famille ; un bon gros secret de famille comme on les aime.

L’histoire commence en 1939, et suit la vie de la famille Petrakis. Jusqu’à la fermeture de la léproserie à la fin des années 50. On suit surtout l’histoire d’Anna et de Maria, deux sœurs que tout oppose.

Bon, j’ai quand même eu la confirmation que la lèpre, ça se soigne bien, hein, que c’est pas vraiment contagieux et que du coup, je ne risque vraiment pas de l’avoir. Me voilà rassurée, plus de 20 ans après.

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Ce qui est impressionnant dans ce livre c’est que ça sonne vrai. Surtout quand vous savez que c’est inspiré de faits réels, ça fait froid dans le dos.

Imaginez. Vous êtes pépère dans votre vie. Tout va bien. Vous avez un boulot qui vous plait, une famille, des amis. Vous n’allez probablement pas tarder à vous fiancer. Et puis une tache apparaît quelque part sur votre corps.

La lèpre.

La boule noire de Motus.tumblr_mk5qerwqiT1s8pd5uo1_400

La carte Prison du Monopoly, le +4 du Uno.

Vous devez tout laisser en plan, prendre quelques affaires puis direction l’île de Spinalonga, en face.

Vous arrivez, vous ne connaissez personne, il n’y a que des lépreux, en plus ou moins bon état. Les conditions de vie ne sont pas non plus hyper folichonnes (du moins au début), mais il faut continuer de vivre.

Vous êtes dans un mouroir. Peut importe votre âge. Que vous ayez 10 ou 70 ans, le résultat est le même : vous êtes un paria, vous êtes banni et plus jamais vous ne verrez vos amis ou votre famille.

Au delà de la maladie, la souffrance psychologique devait être atroce. Même si au fur et a mesure, l’île est devenue une véritable ville, avec ses commerces, l’isolement et la rupture brutale avec sa vie devait être plus que difficile à supporter.

En lisant ce livre, on éprouve un énorme sentiment d’injustice pour tout ceux qui ont vécu ce drame, alors que la lèpre n’est quasiment pas contagieuse.

Et une grosse envie de manger de la feta.

Je sais, je rapporte toujours tout à la bouffe. Mais bon, quand les noms de la moitié des personnages rime avec Salakis au bon lait de brebis, moi j’ai l’estomac qui réclame son du !

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Victoria Hislop, L’île des oubliés – 2005

Le livre de poche – 520 pages

A acheter ici

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1 commentaire

Classé dans Littérature étrangère

Une réponse à “L’île des oubliés – Victoria Hislop

  1. J’adore ta chronique, tes gifs et anecdotes ont le don de m’aspirer dans tes pensées, j’ai très envie de découvrir ce roman haha! La lèpre est aussi un peu tabou pour moi, il me reste beaucoup de préjugés à anéantir, je note ce titre pour ma WishList!

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