Testament à l’anglaise – Jonathan Coe

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Jonathan Coe c’est un auteur que je connais bien. Enfin.. que j’étais persuadée de bien connaître à force de voir ses livres partout.

Quand j’ai découvert la liste des auteurs annoncés à St Maur en poche, et que j’ai vu que Coe en faisait partie, j’ai dit à chouchou : « lui j’veux l’voir. Si y’en a qu’un à aller voir ce sera lui ».

On est arrivés devant son stand… ou il était sagement entrain d’attendre des lecteurs.

Moi qui m’imaginait une queue de 3 mètres de long, j’ai été plus que surprise.

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Et c’est à ce moment la que j’ai réalisé que je ne le connaissais pas si bien que ça puisque de tous ses livres étalés devant lui je n’en n’avais lu qu’un « La vie très privée de Monsieur Sim ».

Sur un pressentiment, j’ai donc attrapé « Testament à l’anglaise », sans vraiment savoir de quoi il s’agissait, j’ai réussi à parler anglais like a spanish cow et je suis repartie toute contente avec mon livre dédicacé.

  • De quoi ça parle ?

Les Winshaw sont la plus grande famille d’Angleterre après les Windsor. Ils ont du pouvoir, des relations et sont richissimes.

Tous, sauf la vieille tante Tabitha, enfermée dès le début de sa vie d’adulte dans un asile de fous. Juste parce qu’elle est persuadée que son frère adoré Godfrey, mort pendant la guerre, a été tué par Lawrence, l’ainé de la famille.

Tabitha est peut-être folle, mais il lui reste un peu de flouze et suffisamment de présence d’esprit pour savoir comment faire chier sa putain de famille.

Elle décide qu’un écrivain écrira l’histoire des Winshaw. Quelqu’un doit raconter l’histoire de sa famille, et ce quelqu’un ce sera Michael Owen.

Michael Owen qui, aujourd’hui (en 1990), est un écrivaillon peu connu, sans le sou, dépressif, asocial, vivant reclus chez lui et ayant pour seule compagnie une télé et un magnétoscope. Pour tout arranger, il ne travaille presque plus sur son livre. Il est obsédé par un film qu’il a vu au cinéma plus jeune. Obsédé au point d’en oublier le monde extérieur. Jusqu’au jour où sa voisine Fiona vient frapper à sa porte.

  • Ce que j’en ai pensé.

Si je devais vous donner qu’un seul mot pour décrire ce livre, ce serait : complexe.

Complexe parce qu’on y parle beaucoup de politique économique et étrangère des années 90 : Margaret Thatcher, la guerre du Golfe, les réformes économiques, tout ça tout ça.

Je pense d’ailleurs sérieusement que Jonathan Coe a envie d’exploser Margaret Thatcher de toutes les façons possibles et imaginables. Qu’il a envie de lui démoeller la gueule à coup de machine à écrire.

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Il faut donc un certain degré de culture G pour appréhender ce livre. M’enfin, rien que Wikipédia ne pourra traiter, rassurez-vous !

En plus du paysage socio-politique anglais des années 90 (voyez comme je parle bien aujourd’hui), Jonathan Coe nous parle un chouilla des relations familiales.

Un chouilla, que dis-je ?! Ce livre c’est carrément Dallas côté famille.

Et ça, ça m’a plu parce que je hais ce qui a trait à la famille. Les repas de famille, les réunions familiales, c’est vraiment pas mon truc. A tel point que j’ai souvent des migraines, de grosses envies de pleurer et des nausées à chaque fois que je dois aller dans ma famille ou dans ma belle-famille. Je ne supporte pas de rester en présence de mon cercle familial plus d’une heure (voir deux si je suis bien lunée).

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J’abhorre les relations familiales, je les exècre, je les conchie. Je déteste l’hypocrisie de la famille. Je déteste les obligations familiales, et je hais plus que tout les relations familiales que tout le monde pense obligatoires. Comme on dit si bien : on ne choisi pas sa famille mais on choisi ses amis. Et je déteste ne pas avoir le choix. (Chers amis psychiatres, je suis un cas d’école).

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Et il se trouve que Jonathan Coe, ça doit être un peu la même chose vu comment il dépeint les relations familiales des Winshaw.

De l’hypocrisie pure et dure, du jugement constant et de la haine de tous les côtés.

Et ça m’a fait plaisir de lire enfin une description réaliste de la famille. Alors je sais bien que ce n’est pas partout pareil et je peux concevoir que pour certains, la famille, c’est sacré. Tout comme je peux imaginer que pour certaines personnes ça se passe bien (enfin pour le moment…).

Oui mais voilà. Rares sont ceux qui s’attaquent à la sacro-sainte famille et quand quelqu’un le fait je me lève, j’applaudis et dis « J’ACHETE ! »

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Bref. Je m’égare.

Au delà de tout ça, ce n’est pas un livre que vous pouvez lire en dilettante. Je m’explique : Si vous aimez lire un livre et y revenir deux-trois jours après, clairement, pour celui-ci, prenez des notes.

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Parce qu’au fil des pages on oscille entre la vie de Michael aujourd’hui, entre des moments de vie de chacun des Winshaw et certains moments du passé de Michael.

C’est donc assez déroutant. ( mais quand même pas aussi déroutant que pour La femme à 1000 °). Du coup, à certains moments, quand j’avais la tête dans le cul j’étais obligée de revenir en arrière pour me rappeler le pourquoi du comment.

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Il va donc falloir vous concentrer. On n’est pas entrain de lire Oui-Oui là !

Pour moi, ce n’est pas un livre détente, c’est vraiment un roman qui tient de la satire sociale. C’est extrêmement bien ficelé et c’est putain de caustique. Au fur et à mesure, vous verrez que les personnages sont tous liés les uns aux autres, d’une manière ou d’une autre. Et que rien n’est à laisser au hasard.

Ce livre est à la fois drôle, triste, intelligent, déroutant.

Déroutant à cause de sa fin ou, quand j’ai refermé le livre je me suis dit : Soit il en avait ras le cul, soit son éditeur lui a mit un coup de pression pour qu’il finisse, ou alors il avait un peu trop tété de la bouteille…

Mais ça ne m’a pas gâché l’histoire, en y repensant, c’est peut-être même une fin géniale.

A vous de vous en faire votre propre opinion !

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Jonathan Coe, Testament à l’anglaise – 1994

Folio, 678 pages, à acheter ici

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2 Commentaires

Classé dans Littérature étrangère

2 réponses à “Testament à l’anglaise – Jonathan Coe

  1. Je l’ai lu, il y a maintenant 51 ans, je m’en souviens très bien car de beaux souvenirs extérieurs au livre l’entoure et de ce fait je garderai toujours un excellent souvenir de ce roman même si aujourd’hui aucun détail ne me vient à l’esprit.

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