J’irai cracher sur vos tombes – Boris Vian

IMG_8147

Boris Vian, tout le monde connaît, ou du moins en a entendu parler. Mais qui a vraiment lu Boris Vian ?

J’avais lu « L’écume des jours » il y a quelques années. Ca m’avait laissé un gout de déprime, de désespoir et de solitude. Pas spécialement la joie quoi.

J’ai acheté « J’irai cracher sur vos tombes » un peu comme j’aurai acheté « L’assommoir » de Zola. Pour la bonne conscience, sans avoir vraiment envie de le lire. Mais plutôt parce qu’il « faut » le lire. Forcément, il a commencé à prendre la poussière dans ma bibliothèque. Je l’évitais soigneusement à chaque fois que je choisissais un nouveau livre à lire.

Et puis Chouchou a recommencé. « Oh je peux te choisir ton prochain livre ? »

J’ai marmonné et il m’a dit « mais nan mais t’inquiètes pas je prendrai un de tes livres »

Et là j’ai su. J’ai su que j’allais pas y couper, que j’allais me taper Boris Vian. Inévitable. Comme une grosse cuite vient toujours avec une gueule de bois. Chouchou allait forcément choisir Vian.

Et paf le chien.

  • De quoi ça parle ?

Amérique, juste après la guerre. Lee Anderson, métisse à la peau très claire, presque blanche, s’enfuit de sa ville d’origine après la mort de son petit frère, assassiné car il était amoureux d’une blanche. Lee « franchit la ligne » : il se fait passer pour un blanc. Il reprend une librairie et sympathise avec la bande de jeunes du coin. Mais il veut venger la mort de son frère. Et il sait exactement comment s’y prendre.

  • Ce que j’en ai pensé.

Vous avez lu « 50 nuances de Grey » ? Avant de le lire on me l’avait vendu comme le truc le plus chaud depuis la nuit des temps. J’ai trouvé ça basique, normal.

Et puis j’ai lu « J’irai cracher sur vos tombes ». Et là, j’ai été choquée. Autant vous dire que 50 nuances, c’est pipi de chat à côté. (Un jour on parlera du Marquis de Sade)

Entendons nous bien : je ne savais absolument pas à quoi m’attendre quand je l’ai acheté. La quatrième de couverture n’a rien fait pour m’aider. Et au fur et a mesure de ma lecture, j’étais de plus en plus étonnée qu’un tel roman ait pu paraître juste après la guerre. Les scènes de cul y sont monnaie courante, on a même le droit à de la pédophilie.

J’ai refermé le livre en disant « Ah ben putain, soit ça a été écrit juste pour choquer, soit je suis plus prude qu’il n’y paraît ».

Comme d’hab j’ai fait mes petites recherches. J’ai vu, qu’effectivement, le livre avait été interdit (ouf mon honneur est sauf), et j’ai appris que Boris Vian avait écrit ce livre sur commande sur le même genre que les romans de Miller. Donc écrit pour choquer. Et ça marche.

Mais au delà des scènes de culs explicites, il s’agit surtout d’une critique violente du racisme. Le racisme est au centre du livre, au centre de la vengeance de Lee. C’est ça, je pense, qu’il faut retenir.

C’est un livre qui est encore complètement d’actualité. Sachez qu’une adaptation cinématographique a été faite en 1959. Je suis bien curieuse de voir comment ils s’en sont sorti à l’époque avec tout ce sexe et cette violence.

Pour la petite histoire, Vian, qui avait complètement désavoué le film, est mort d’une crise cardiaque pendant les premières minutes de la projection.

 —————————————–

J’irai Cracher sur vos tombes, Boris Vian – 1946

10-18, 210 pages

A acheter ici

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Classiques, Littérature Française

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s