Carrie – Stephen King

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Je voulais pas.

Vraiment, je voulais pas.

Et en plus j’aurais du m’en douter quand Chouchou m’a dit « Hey, je peux te choisir le prochain livre que tu vas lire ? »

Il m’a tendu un Stephen King. Je fais un blocage depuis des années sur Stephen King. JE. VEUX. PAS.

Mais il m’a bien eue, il m’a tendu un recueil de nouvelles que j’avais déjà plus ou moins commencé dans les transports, un jour ou j’avais oublié mon livre à la maison. Vous connaissez mon amour des nouvelles, et mon fameux principe « Tout livre commencé doit être terminé ».

Bref, j’ai râlé, marmonné dans ma barbe et j’ai pris le livre. Mais j’ai pas pu putain. J’en ai lu 4, à la 5eme nouvelle, je comprenais que dalle, ça me cassait royalement les ovaires, alors j’ai regardé chouchou et je lui ai dit « Non. Non c’est pas possible, je suis désolée, j’y arrive pas, je vais prendre autre chose ».

J’avais bien l’intention de prendre un de MES livres. Mais non, Chouchou ne s’avoue jamais vaincu. Il m’a tendu Carrie. J’ai tenté de dire « meuh non gnagnagnagnagna », mais il m’a sorti un argument imparable « Si Lapin te dit que c’est bien, tu le liras, alors pourquoi tu me fais pas confiance ?  Rappelle toi de Bernard Werber».

Niquée.

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  • De quoi ça parle ?

États-Unis, années 60. Carrie est la bête noire de l’école. Personne ne l’aime, et dès qu’on peut lui faire une crasse, on la lui fait. La mère de Carrie est une veuve-intégriste-catholique qui impose à sa fille sa pratique de la religion et l’empêche de devenir une femme.

Carrie à 17 ans et dans les douches communes des vestiaires, elle a pour la première fois ses règles. Elle ne sait pas ce que c’est, elle est tétanisée et pense qu’elle va mourir. Ses « camarades » se foutent de sa gueule, et lui balancent des tampax à la gueule.

Après coup, l’une d’elles culpabilise et demande à son petit copain – le plus beau du lycée – d’accompagner Carrie au bal de fin d’année.

Et là, c’est le drame.

  • Ce que j’en ai pensé.

Bon. Je suis obligée d’être honnête (et ça m’arrache la gueule), oui j’ai bien aimé.

Le harcèlement à l’école me touche particulièrement puisque j’en ai été victime (beaucoup en primaire, un peu au collège, puis au lycée). D’ailleurs, big up aux grosses putes qui m’ont cassé les couilles à l’époque, quand je tombe sur vos sales gueules aujourd’hui, je me souviens que ma mère avait raison : On comptera les points 10 ans après le bac. Check, j’ai encore une mention et pas vous.

Bref.

L’histoire de Carrie m’a donc parlé. Certes, je n’étais pas à plaindre par rapport à elle, mais la question est : comment un adolescent ou un enfant peut-il trouver la force de revenir, jour après jour dans un environnement aussi hostile ? Il tient en général grâce à d’autres amis, ou à la famille. Moi j’avais Lapin.

Lauren, ma meilleure amie avait, elle, une famille qui a tout fait pour la changer d’établissement.

Mais pour une fille comme Carrie ? Qui était maltraitée jusqu’à chez elle, par sa mère ? Qui était réellement seule ? Comment on fait ? Ben on imagine qu’on scalpe tout le monde, qu’on les énuclée, qu’on leur défonce le cul avec une pelleteuse, qu’on leur enfonce un tournevis dans le nez, et surtout, surtout, on imagine qu’on les dépèce avec un épluche légumes.

Autant vous dire que j’ai jubilé quand Carrie a buté tout son lycée. J’ai jubilé et j’ai même trouvé que ce n’était pas assez cruel. Non non, je ne suis pas une grosse sadique.

fusil

C’est comme ça que j’ai compris que Stephen King ce n’était pas que de l’horreur. (Oui, je sais, j’ai des préjugés). Voir pas de l’horreur du tout (je connais suffisamment mal son œuvre pour en parler), mais, du moins dans Carrie, un regard critique sur le comportement de l’être humain face à une différence.

Et du coup, peut-être, JE DIS BIEN PEUT-ÊTRE, que je lirais un autre de ses livres.

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Stephen King, Carrie – 1974

J’ai lu – 253 pages

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6 Commentaires

Classé dans Fantastique, Thriller

6 réponses à “Carrie – Stephen King

  1. Mon premier Stephen King aussi ^^ J’adore ta façon d’écrire des chroniques (j’ai un franc parlé et je vous emmerde :D) Merci pour ton avis 😉

  2. Miaou

    Moi aussi j’adore ton franc parler !
    Ce n’est pas mon premier Stephen King.
    En revanche c’est le premier de Stephen King, du moins le premier qu’il ait vendu (pour une vraie somme) alors qu’il était prof en galère de sous avec femme et enfant !
    Il semblerait que sa femme ait sorti les premières pages du brouillon de Carrie d’une poubelle en lui disant qu’il tenait quelque chose là et qu’il devrait s’accrocher.
    J’adore sa capacité à construire et faire vivre ses personnages et il faut une analyse poussée des humains pour créer le malaise et les émotions qu’on ressent en le lisant.
    Dans son livre sur l’écriture il me semble mais je n’en suis pas complètement sure, il décrit les recherches qu’il avait fait pour ces personnages et pour comprendre mieux la dynamique du harcèlement en milieu scolaire… en plus d’avoir visité les douches des filles ce lieu « mystérieux »…

    Hey chaton, je peux te choisir le prochain livre que tu vas lire ?
    Ou celui d’après … ? 😀

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