Autant en emporte le vent – Margaret Mitchell

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Bon. Scarlett O’Hara et compagnie. Rien que ça. Même pas peur.

Le film « Autant en emporte le vent » à, pour la plus part d’entre nous, bercé notre enfance. On se souvient que nos mères l’adoraient (et surtout adoraient Clark Gable), que c’était une histoire d’amour et que c’était long. Très long.

Du moins, voilà de quoi je me souvenais. Et d’une seule scène, celle où Mama serre le corset de Scarlett au début du film. Donc pas grand chose.

J’avais acheté le DVD il y a quelques années, sans jamais le re-regarder. Et cette année, au détour d’un stand lors d’une brocante, je suis tombée sur une grand-mère qui m’a gentiment cédé les trois tomes que voilà pour… 1,50 €.

Autant vous dire que c’était un signe et que le moment était venu de me tirer les doigts du cul pour m’attaquer à ce pavé.

Je vais quand même vous dire quelques mots au sujet de Margaret Mitchell, qui nous a pondu ce roman. Et elle n’a pondu que ça. (Paraît-il qu’on aurait retrouvé un manuscrit d’un roman datant de sa 16eme année, jamais publié. Et toujours pas à ce jour, donc bon…)

En bonne gamine des années 90, j’adorais Shannen Doherty (Mais qu’est ce qu’elle vient foutre la celle là ?). Et j’adorais aussi les téléfilms du dimanche sur M6 (je vous rassure cette passion m’est passée). Or il se trouve que Shannen a joué le rôle de Margaret Mitchell dans un téléfilm adapté de sa biographie. Et bien figurez vous que je me souvenais très bien de ce téléfilm et que grâce à ça, je suis en mesure de vous dire que : Maggy s’est inspirée de l’histoire de sa famille pour écrire cette épopée. Ses grands parents étaient sudistes des deux côtés. Sur ses quatre grands-parents, chacun d’eux a donné une partie de l’histoire ou personnelle ou professionnelle de Scarlett. Maggy passait son temps a répondre aux lettres de ses lecteurs, Maggy aimait deux hommes (tiens tiens) et Maggy est morte après avoir été renversée par une voiture.

Voilà. C’est beau la culture hein ?

  • De quoi ça parle ?

Scarlett O’Hara est la fille préférée de Gérald O’Hara, irlandais parvenu qui est devenu sudiste convaincu et qui est surtout à la tête de Tara, la plus belle, la plus grande et la plus rentable plantation de coton de la région.

Scarlett est autant capricieuse, écervelée et bornée qu’elle est magnifique. Elle a à ses pieds tous les prétendants de la région, mais elle est amoureuse d’Ashley Wilkes. Ashley est un intellectuel convaincu, un rêveur, fils d’un autre propriétaire de plantation : Les Quatre Chênes.

Scarlett apprend par hasard avant un pic-nic mondain qu’Ashley va épouser sa cousine Mélanie. Effondrée, elle monte tout un plan dans sa tête pour conquérir Ashley afin qu’il l’épouse elle. Peine perdue. Elle rencontre au même moment, dans des circonstances assez gênantes, Rhett Butler, riche homme d’affaire, détesté par tout le monde car il a refusé d’épouser une femme après l’avoir compromise.

La guerre de sécession éclate, et va faire changer la vie de Scarlett.

  • Ce que j’en ai pensé.

Au tout début, honnêtement, j’ai trouvé l’écriture hyper lourde. J’avais l’impression de lire du Zola ou du Balzac tellement les descriptions physiques et psychiques étaient longues. Et puis je me suis rappelée que le livre avait été écrit entre 1930 et 1936. Et je me suis accrochée (après tout j’ai quand même dévoré Anna Karénine, il suffisait juste que je me mette en condition).

J’ai ensuite très vite été prise dans l’histoire. Parce que soyons clairs, quand j’ai réalisé qui était vraiment Scarlett O’Hara, et surtout quand j’ai compris la taille de sa paire de couilles, je me suis dit qu’il fallait que je finisse très vite le livre pour le comparer au film dont j’avais l’impression qu’il était gnan-gnan.

Et un livre comme ça, ça ne se termine pas en trois jours mais en 20. J’ai complètement halluciné sur la qualité de la description de la personnalité de Scarlett. Comment, dès le départ on nous donne des infos qui nous semblent complètement anecdotiques, et comment ces informations vont se révéler importantes par la suite pour comprendre l’évolution du personnage.

Bref, c’est une histoire beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Et quand je l’ai lue, j’ai vraiment eu l’impression que l’histoire amour entre Rhett et Scarlett n’arrivait vraiment qu’en second plan. D’ailleurs, après avoir revu le film j’ai compris pourquoi. L’histoire entre Rhett et Scarlett est davantage mise en avant dans le film, et surtout on apprend très vite dans le film que Rhett aime Scarlett comme un fou.

Alors que dans le livre, on ne comprend qu’il l’aime (et non pas qu’il veut juste la déglinguer) que vers la fin.

Leur relation est beaucoup plus malsaine dans le livre, c’est vraiment du « je t’aime moi non plus », alors que dans le film c’est plus romantique.

En revanche, concernant le sujet de l’esclavage et des noirs en particulier, il faut vraiment garder à l’esprit que le livre a été écrit par une américaine sudiste, née en 1900, de grands parents possesseurs d’esclaves. Résultat, à certains moments, après avoir lu deux trois phrases sur l’intelligence des noirs qui m’ont un peu choqué, je me suis demandé pourquoi aucune association n’avait encore fait chier personne pour faire comme avec Tintin au Congo : mettre un avertissement en couverture. Je me suis même demandé s’il n’y avait pas eu une seconde traduction. Donc je suis allée dans une librairie, et j’ai vérifié les nouvelles éditions. Mais non, les noirs parlent avec un accent et les phrases qui m’ont fait tiquer sont toujours là. J’en viens cependant à me poser cette question : est-ce qu’au nom du politiquement correct un remaniement du texte aura lieu, quitte à dénaturer l’œuvre ?

Bref, je pense que je pourrais disserter des heures et des heures sur ce livre. Mais une chose est certaine, ce roman n’est pas qu’une histoire d’amour. Non, l’histoire d’amour a été là pour faire vendre, et surtout pour faire des entrées au cinéma dans la version cinématographique.

Ce livre est vraiment une épopée sur le Sud des Etats-Unis pendant et après la guerre de Sécession. C’est un livre historique, mais c’est surtout un roman féministe, qui nous montre à quel point une femme est capable de tout faire pour survivre et s’en sortir. C’est un livre qui nous montre les carcans de l’époque et qui les dénonce. C’est un livre qui, même aujourd’hui, peut nous faire reconsidérer nos petits tracas quotidiens.

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Margaret Mitchell – Autant en emporte le vent, 1936

Tome 1 Folio, 475 pages

Tome 2 Folio, 478 pages

Tome 3 Folio, 453 pages

A acheter ici

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7 Commentaires

Classé dans Classiques, Littérature étrangère

7 réponses à “Autant en emporte le vent – Margaret Mitchell

  1. Ma Saga préférée 🙂 Mon héroïne préférée 🙂

  2. Bonjour ! je passe par là juste pour te dire qu’on fait un petit giveaway sur le blog où il est possible de gagner un livre avec un simple commentaire !
    Si ça te tente voici l’adresse:
    https://bookyboop.wordpress.com/2015/01/13/giveaway-1-presentation-et-inscription/

    Bisous et bonne soirée !

    ps: je n’ai jamais lu autant en emporte le vent mais il est sur ma liste !

  3. Je compte lire ce roman cette année, et ton billet me donne encore plus hâte 🙂

  4. Pingback: Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee | Chaton de bibliothèque

  5. Pingback: Scarlett – Alexandra Ripley | Chaton de bibliothèque

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