Le ciel en cage – Christine Leunens

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Qui a dit que les écrivains étaient tous moches ? Certainement pas moi la semaine dernière…

Qui a dit que les mannequins n’avaient pas de cervelle ? Certainement pas moi la dernière fois que j’en ai croisée une sur-gaulée au bureau…

Mais voilà. Il y a Christine Leunens. D’abord mannequin dans les années 90 pour Givenchy, Nina Ricci, Paco Rabane et j’en passe, la demoiselle a ensuite fait Harvard. Et voilà, elle a gagné ses lettres de noblesse. Bonne mais pas conne. (Je me sens d’humeur poète aujourd’hui).

La gente dame est à moitié belge une fois, et vis en Nouvelle-Zélande. Elle n’a publié que trois romans.

  • De quoi ça parle ?

Autriche, seconde guerre mondiale, Johannes est un petit aryen, né dans une famille bourgeoise pas spécialement nazie.

Johannes se fait endoctriné bien proprement à l’école et devient un nazi convaincu. Il entre dans les jeunesses hitlériennes et n’a qu’un seul rêve : faire partie de la garde rapprochée d’Adolf Hitler. Il grandi, est envoyé au front, et fini manchot et défiguré.

Il rentre chez lui, toujours autant à fond sur le moustachu. Il se rend plus ou moins compte que sa famille n’est pas autant in love que lui. Et surtout sa mère à un comportement bizarre. Tellement bizarre qu’il se met à l’espionner et la, c’est le drame. Dans un placard improvisé, ses parents cachent Elsa, une jeune juive. Une jeune juive qui, quand il ouvre le placard n’est pas horrifiée par son apparence monstrueuse.

Et ça, ça lui fait un second trou au cul.

Johannes est puceau. Il ne connaît que deux femmes dans sa vie : sa mère et sa grand-mère. Et maintenant il connaît Elsa. En cachette de ses parents, il va la voir dès qu’il peut. Des liens se tissent, Johannes tombe follement amoureux. Johannes. Elsa, elle n’en a rien à carrer.

Un jour qu’il se promène, Johannes découvre le cadavre de sa mère se balançant, pendu, sur la place publique. Son père est dans un camp. Sa grand-mère ne connaît pas l’existence d’Elsa. Il n’y a que lui qui peut prendre soin d’Elsa.

Mais l’Allemagne perd la guerre. Et pour pouvoir garder auprès de lui la femme qu’il aime, Johannes lui annonce que la guerre est finie. Mais que l’Allemagne a gagné et qu’il n’y a plus un seul juif dans le pays.

  • Ce que j’en ai pensé.

Extrêmement bien écrit, ce livre m’a quand même fait bugger à plusieurs reprises. A tel point que j’ai relu deux ou trois fois certains passages pour être certaine de n’avoir rien loupé. Notamment lors de l’enterrement de la grand-mère où on apprend que le père, mort dans un camp, est présent aux funérailles. Je n’avais pas bu une goutte d’alcool depuis une semaine, mais j’ai quand même relu 4 fois le passage. Et je ne comprends toujours pas. J’en suis venue à me dire que ou j’étais en plein delirium tremens ou bien c’était Johannes qui l’était.

Concernant la relation des deux protagonistes qui est au centre de l’histoire, c’est d’un malsain ! mais d’un malsain ! Ca vous retourne le ventre. Ne vous attendez pas à une belle histoire d’amour. On en est au même point que Natasha Kampusch et son ravisseur : syndrome de Stockholm à donf ! C’est laid, c’est cruel, c’est – encore une fois – malsain.

Autre point perturbant : impossible de se fixer sur une échelle de temps. On a parfois l’impression qu’il s’est passé 20 ans, parfois seulement 2 depuis la fin de la guerre.

Quant à la fin, frustrante à mort, je pense que chacun se fera sa propre idée. Mais clairement c’est un bon livre pour ceux qui aiment se retourner le cerveau et trouver des sens cachés dans les textes. (Big up à nos profs de français qui nous ont bien fait chier avec les messages implicites des auteurs pendant notre scolarité).

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Christine Leunes, Le ciel en cage – 2004

Editions Philippe Rey, 301 pages

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Classé dans Littérature étrangère

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