Apocalypse bébé – Virginie Despentes

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Virginie Despentes, même si on ne la connaît pas, on sait qu’elle a une image sulfureuse. Pourquoi ?

Tu te souviens de la polémique du film « Baise moi » ? Et ben c’est le premier roman de Despentes. Ca calme, hein pour un premier roman ?

Despentes c’est une littérature trash. Mais pas que.

Despentes c’est le nouveau féminisme. Despentes c’est la femme qui met le monde d’aujourd’hui sous une lumière crue, qui parle clairement de cul, de violence, de drogue. Despentes c’est un regard aiguisé sur la société d’aujourd’hui et ça te remet les idées en place.

  • De quoi ça parle ?

Lucie Toledo est blasée de la vie, elle a une vie de merde, un boulot de merde et pas de mec. Elle est détective privée, spécialisée dans le filage d’adolescents. Problème, elle foire une filature et perd Valentine, l’ado qu’elle est sensée surveiller.

Valentine est une gamine un peu grosse issue d’une famille aisée. Son père est un écrivain qui ne connaitra plus le succès, sa mère l’a abandonnée lorsqu’elle n’était qu’un bébé, sa belle-mère est une larve bien pensante, sa grand-mère est tyrannique.

Valentine taille des pipes à tout bout de champ, Valentine se bourre la gueule, Valentine rate sa vie, Valentine fugue.

Lucie doit la retrouver, mais ne s’en sent pas capable. Elle fait donc appel à une autre privée, connue dans le milieu pour avoir une case en moins : La Hyène.

Elles vont ensemble remonter le fil de la vie de Valentine, mais elles vont aussi beaucoup apprendre l’une de l’autre.

  • Ce que j’en ai pensé.

Lecteur, si tu as une âme sensible, si tu es homophobe, si le moindre gros mot te mets mal à l’aise, va plutôt lire Oui-Oui.

Despentes à une écriture vraie et assez violente, crue. C’est glauque à souhait, mais tellement vrai. Tellement pitoyablement vrai que l’humanité te donne bien la gerbe après. C’est une galerie de portraits dans laquelle tu retrouveras forcément quelqu’un que tu connais ou que tu as connu :

La femme blasée de la vie, qui n’est pas heureuse et se plaint de tout, mais qui est trop feignasse pour se tirer les doigts du cul pour changer les choses.

La femme obsédée par l’ascension sociale, au point de se créer un personnage et de n’être même capable de se souvenir de qui elle est réellement

La femme libre de tout, qu’on envie, mais dont on critique tout.

L’homme qui rêvait de gloire et qui en est réduit à se congratuler lui même sur internet.

L’ado perdue, prête à tout pour faire plaisir aux mecs, parce qu’honnêtement, elle n’a pas eu de père.

Ce ne sera pas une lecture anodine. Ce n’est pas qu’un simple roman, c’est aussi une satire sociale.

 

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Virginie Despentes – Apocalypse bébé, 2010

Éditions Grasset – 343 pages.

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1 commentaire

Classé dans Littérature Française

Une réponse à “Apocalypse bébé – Virginie Despentes

  1. De Despentes, j’ai lu « Bye-bye Blondie » et j’avais bien aimé, du fait du coté décalé de ses romans, de cultures dont on parle assez peu de manière générale. D’ailleurs, je fais un rapprochement entre ce roman et celui de Coralie Trinh Thi, « Betty Monde » qui est vraiment pas mal aussi.

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